Chaleurs douloureuses chez la Jument
Chez la jument, le cycle oestral est régulé par des variations hormonales (oestrogènes et progestérone principalement). Ces variations sont elles-mêmes régulées au niveau de l’axe hypothalamo-hypophysaire dans le cerveau par des neurotransmetteurs.
Pendant la phase d’oestrus, l’augmentation des oestrogènes entraîne plusieurs symptômes, dont certains peuvent être vraiment inconfortables pour elle :
- une vasodilatation accrue de la région pelvienne.
- une activité ovarienne accrue.
- une congestion des tissus pelviens.
- une stimulation des récepteurs nociceptifs viscéraux et donc des douleurs localisées ou projetées.
- des réactions musculaires réflexes au niveau du dos et du bassin.
Les douleurs ressenties ne sont pas seulement d’origine ovarienne mais aussi d’origine musculo-squelettique et neurofonctionnelle.
Les symptômes seront divers et variés :
- des tensions abdominales et lombaires, des signes de coliques.
- une sensibilité accrue au toucher, une difficulté au sanglage.
- des raideurs musculaires, une irrégularité des postérieurs, une hypersensibilité à la sangle.
- des changements de comportement (inconfort, irritabilité, humeur sensible).
- la jument peut se mordre les flancs voire botter.
Le massage est une approche complémentaire, non invasive, qui va agir sur plusieurs mécanismes physiologiques :
Action sur le système musculo-squelettique :
- avec une diminution des tensions musculaires et des contractions musculaires réflexes.
- avec une amélioration de la mobilité des tissus mous péri-lombaires et sacro-iliaques.
- une diminution de l’hypertonicité musculaire au niveau des fuseaux musculaires et des organes tendineux.
- une réduction des tensions myofasciales pouvant majorer les douleurs projetées.
Action circulatoire :
- avec une amélioration de la circulation sanguine et lymphatique, aidant à la diminution des sensations de lourdeur ou de pression dans la région abdominale et pelvienne.
- avec une meilleure oxygénation tissulaire.
Modulation de la douleur:
- avec une stimulation des mécanorécepteurs cutanés, pouvant inhiber la transmission cutanée de la douleur au niveau médullaire (théorie du gate control).
- avec une activation du système parasympathique, contribuant à une baisse du stress et de la vigilance / perception douloureuse.
Amélioration du bien-être global :
Le travail manuel régulier par un toucher adapté peut aider la jument à mieux vivre cette période du cycle et poursuivre ses activités sportives sereinement si elle est montée.
Les différentes techniques de massages, ainsi que d’autres pratiques manuelles comme l’ostéopathie et le shiatsu, constituent une approche complémentaire à la médecine vétérinaire classique, ainsi qu’une aide douce et naturelle pour améliorer le confort des juments présentant des chaleurs douloureuses.
La prise en charge manuelle de cet inconfort est basée sur des mécanismes neurophysiologiques et musculo-squelettiques reconnus, très pratiquée en kinésithérapie et fasciathérapie chez la femme.




