Chat et Territoire : UNE AFFAIRE SERIEUSE
Animal mystérieux, connu depuis des millénaires, sujet de fables, de mythes, de contes et de légendes, persécuté ou adoré selon les endroits du monde, le chat ne laisse pas les humains indifférents. Mais le connaît on vraiment ?
Le chat est un colocataire très territorial… ou dit autrement : votre canapé ne vous appartient plus vraiment !
Votre chat a beau ronronner sur vos genoux, réclamer son repas avec des yeux attendrissants, ne vous y trompez pas: vous vivez sur son territoire. Contrairement au chien pour qui la notion de groupe social est très importante, le chat – digne héritier de ses ancêtres sauvages – est un animal solitaire et très territorial.
Pour un chat, le territoire n’est pas qu’une surface mesurable en mètres carrés. C’est un ensemble de zones balisées aux fonctions bien précises, organisées en 3 dimensions.
A l’intérieur ou à l’extérieur, le chat organise et cartographie son territoire de manière bien précise :
- le coeur du territoire: c’est sa zone de sécurité absolue. C’est son lieu de repos, de cachettes, les odeurs lui sont familières.
- les zones d’activité : ce sont ces zones de nourriture, de jeux, d’observations.
- les zones périphériques : ce sont les lieux de passage, de promenades, de chasse. Parfois ces lieux sont partagés, parfois disputés.
Un chat d’intérieur concentrera tout cela dans un périmètre restreint.
Un chat ayant accès à l’extérieur pourra organiser son territoire sur un espace allant de quelques centaines de mètres carrés à plusieurs hectares, selon son âge, son sexe et la densité de congénères aux alentours.
Quelle que soit l’option choisie : intérieur ou extérieur, il est important de comprendre les besoins vitaux du chat pour lui offrir un mode de vie équilibré et adapté à son espèce. Un chat a besoin de 3 ou 4 heures d’activité de chasse par jour, généralement au petit matin (4 – 5 heure du matin) et en fin de journée – début de nuit. Si le chat suit son horloge biologique interne, c’est un animal nocturne et il prend ses temps de repos en journée.
Les chats adorent écrire !
Ils communiquent énormément par les odeurs et le marquage territorial est leur principal langage.
Leurs outils de marquage sont :
- les phéromones faciales : le chat les dépose en se frottant contre les meubles, les autres animaux, les humains. Une manière à lui de dire : « ici c’est chez moi, je suis en terrain connu et tout va bien ».
- les griffades : le chat les dépose sur les meubles, les rideaux, les canapés, les arbres… Elles ont une double fonction : visuelle et olfactive, grâce aux glandes situées entre ses coussinets.
- le marquage urinaire : le chat adopte un geste particulier pour émettre son jet d’urine, bien différent de celui du pipi non maîtrisé. Ce marquage est généralement lié à une insécurité territoriale. Des changements même minimes dans son lieu de vie suffisent à perturber l’équilibre invisible du chat (travaux, déplacement du mobilier, déménagement, nouvelles odeurs, nouvel humain, nouvel animal…).
Les chats adorent la hauteur !
Un chat nous oblige à penser en 3 dimensions. Arbres à chat, étagères, dossiers de canapé, cabanes…vont permettre de lui créer un espace de vie ludique, même en appartement. Ces lieux en hauteur vont satisfaire plusieurs de ses besoins vitaux :
- surveiller son territoire,
- éviter les conflits,
- se sentir en sécurité.
Un territoire enrichi n’est pas forcément grand, mais complexe et structuré. Le chat, où qu’il vive, aime organiser son lieu de vie.
Un territoire mal perçu, instable ou non attractif pour le chat peut générer des troubles de comportements plus ou moins importants : malpropreté, agressivité, retrait social, anxiété, troubles alimentaires, stéréotypies ou T.O.C, problèmes dermatologiques…
Les études en éthologie féline montrent que le stress territorial chronique est l’un des principaux facteurs de troubles comportementaux chez le chat domestique.
Comprendre le territoire du chat, c’est accepter qu’il ne vit pas seulement avec nous mais autour de nous, dans son monde d’odeurs, de hauteurs et de repères subtils. En respectant ses besoins, nous améliorons son bien-être et notre cohabitation au quotidien.






