Massages et Travail Tissulaire pour améliorer la respiration de votre Cheval
Lorsqu’un cheval présente une gêne respiratoire, notre attention se porte naturellement sur ses poumons et ses voies respiratoires.
Pourtant respirer ne dépend pas uniquement de l’appareil respiratoire : les muscles, les fascias, les côtes, le diaphragme, le sternum et même la posture générale du cheval participent à chaque mouvement respiratoire.
Les effets des pratiques manuelles sur les troubles respiratoires du cheval restent encore peu étudiées à ce jour de façon spécifique.
En revanche, plusieurs travaux réalisés chez l’humain montrent que les techniques manuelles améliorent la mobilité thoracique, diminuent certaines tensions musculaires associées à la respiration, favorisent une sensation de confort respiratoire et par conséquent une amélioration de la qualité de vie.
Chez le cheval, l’expérience clinique suggère que les chevaux souffrant d’affections respiratoires chroniques développent fréquemment des compensations posturales et musculaires.
Le travail manuel peut alors constituer un accompagnement intéressant pour améliorer leur confort, leur mobilité et leur qualité de vie en complément du suivi vétérinaire et de la gestion de leur environnement.
Le système respiratoire du cheval comprend les voies respiratoires supérieures (naseaux, cavités nasales, pharynx, larynx), la trachée, les bronches et les poumons.
Le cheval possède une particularité importante : il respire uniquement par le nez. Aussi toute diminution du passage de l’air au niveau des voies respiratoires peut donc avoir des conséquences importantes sur son confort et ses performances.
Au repos, un cheval adulte effectue généralement entre 8 et 16 respirations par minute. A l’effort, les besoins en oxygène augmentent fortement et l’ensemble de la mécanique respiratoire est sollicitée.
Les principales affections respiratoires rencontrées sont :
- l’asthme équin, appelé aussi emphysème. Il s’agit d’une maladie inflammatoire chronique des voies respiratoires. Les chevaux concernés peuvent présenter : une toux récurrente, un jetage, une gêne respiratoire plus ou moins marquée, une baisse des performances et l’apparition de la « ligne de pousse » lors des phases avancées de la maladie.
- les infections respiratoires : virales ou bactériennes. Elles provoquent : toux, écoulement nasal, fatigue et parfois de la fièvre. Même après guérison, certains chevaux conservent des tensions ou des compensations liées à la période d’inconfort respiratoire.
- les troubles des voies respiratoires supérieures : comme certaines anomalies du larynx ou du voile du palais qui peuvent perturber le passage de l’air.
- les diverses allergies respiratoires.
Chaque cheval est différent, mais certains signes cliniques reviennent fréquemment chez les chevaux présentant l’une de ces affections respiratoires :
- des pectoraux tendus,
- une mobilité thoracique réduite,
- une rigidité des muscles intercostaux,
- des tensions de la ligne ventrale,
- des tensions de la ligne dorsale,
- une posture figée de l’encolure,
- une difficulté à s’étirer vers le bas.
Ces adaptations sont souvent des stratégies mises en place par l’organisme pour faciliter la respiration.
Pour inspirer et expirer, le cheval mobilise ses poumons mais pas seulement…
Plusieurs structures entre en jeu :
- les côtes,
- les muscles intercostaux,
- le sternum,
- les muscles de l’encolure, des épaules, du thorax, de l’abdomen, du dos,
- le diaphragme.
L’ensemble de ces structures est relié par un vaste réseau de tissus conjonctifs : les fascias.
Le travail tissulaire et de massages vont contribuer à :
- améliorer la mobilité et la souplesse des tissus et des chaînes myofasciales,
- diminuer certaines tensions musculaires compensatoires,
- favoriser la mobilité thoracique,
- favoriser une meilleure récupération après une période d’inconfort,
- améliorer le confort général du cheval.
L’objectif est d’aider l’organisme à retrouver davantage de liberté de mouvement dans les structures qui participent à la mécanique respiratoire.
Le diagnostic vétérinaire, la qualité de l’environnement, la gestion de l’alimentation restent les fondements de la prise en charge des maladies respiratoires.
Les massages et le travail tissulaire de fasciathérapie trouvent leur place dans une approche globale du cheval. Ils participent à améliorer son confort, sa mobilité et sa qualité de vie.
En résumé, il me semble important et intéressant de comprendre comment la mobilité des tissus et de tout le corps du cheval participe à son bien-être respiratoire.
» Un cheval qui respire difficilement ne mobilise pas seulement ses poumons : il mobilise tout son corps « .






